Un herbier photographique de la flore ordinaire


Clandestines et spontanées. Elles apparaissent, disparaissent rapidement sans que l’on y prenne gare. Elles reviennent souvent là où on ne les attend pas… Dans les zones délaissées en attente d’aménagement, au bord des trottoirs, au bas des façades, au sommet des murs, au pied des arbres ou des panneaux de signalisation, dès qu’un peu de sol est accessible, sans aucune autorisation, les plantes de la flore ordinaire s’installent et se développent sans façon. Souvent, juste le temps de fleurir et de disperser quelques graines avant d’être arrachées, désherbées (mauvaises herbes !) ou liquidées par le nettoiement des trottoirs. Peu importe, transportées par le vent, la pluie ou les oiseaux, disséminées ici ou là toujours des graines renouvèleront la tentative, des fragments abandonnés s’enracineront ou des restes de racines encore bien ancrés mobiliseront leurs réserves pour rejeter… Et la boucle continue à être bouclée.

Vous avez-dit ordinaire ? Rien à voir avec la qualité ou l’apparence de ces plantes qui se débrouillent toutes seules. « Ordinaire  », dans le sens positif d’un ordre commun, habituel, comme le cours ordinaire de la nature, le train ordinaire de la vie, n’a rien de dépréciatif au contraire. Comme nous avons pu le constater lors de la projection donnée pendant le repas de quartier, ce sont bien des membres de la flore ordinaire du quartier qui ont constitué les sujets des plus beaux clichés du concours photo « la nature au fil des rues » organisé ce printemps. Observer la diversité floristique ordinaire de notre quotidien c’est modifier son regard dans la rue et s’intéresser simplement à notre environnement le plus immédiatement accessible en constatant le rythme naturel des saisons.

Pour une botanique de quartier. Recenser « botaniquement  » une partie de cette flore ordinaire du quartier sous la forme d’un herbier photographique a pour objectif de satisfaire la curiosité des observateurs (Comment s’appelle cette espèce ?) et de cultiver l’interrogation écologique (Comment s’installe et se reproduit cette plante ? Quelles relations entretient-elle avec son environnement ?). En photos (pour ne pas supprimer ce que l’on observe), des portraits de plantes, en pied, à chaque saison permettent de déterminer les espèces auxquelles nous avons affaire. Comme pour la confection d’un herbier, la date de l’observation, la description de la situation et des conditions de vie de la plante sont aussi important à noter pour s’inscrire dans une démarche naturaliste. Une fois identifiée, plus rien n’empêche de chercher à en savoir plus sur la plante en question : ses noms vernaculaires, ses usages éventuels, ses caractéristiques de vie, etc.

Ainsi, pour peu que l’on n’y prête attention, rien que dans le quartier, la liste des espèces s’allonge rapidement. Il y a les super-résistantes adaptées à la varappe et à la sécheresse, les graciles discrètes, les opportunistes, les échappées de jardin, les envahissantes indélogeables. Une cinquantaine d’espèces ont déjà rejoint en photo l’herbier de quartier Clerondegambe, en attendant de nouveaux clichés l’appel est lancé à tous les photographes botanistes en herbes !

Comment devenir observateur botaniste de sa rue ? 2010, année mondiale de la Biodiversité n’est pas achevée. Et si l’on s’emparait du prétexte ? … Les initiatives de micro-fleurissement dans le quartier Figuerolles en témoignent, l’envie de botanique est dans la rue.

Alors comment commencer ? D’abord modestement, il est facile de prendre des photos de ce qui pousse près de chez soi. Pour aller plus loin, il faut s’y mettre à plusieurs et partager ses observations. Pourquoi pas une sortie herborisation au Printemps prochain dans les rues du quartier ? Un bon entrainement avant Place aux fleurs !

Sur internet, un site à consulter : http://www.tela-botanica.org – association montpelliéraine qui anime le réseau de la botanique francophone, le site propose des infos et des outils internet de collaboration au service de la botanique.

- Voir ici les plantes déjà répertoriées dans le quartier

lundi 27 septembre 2010

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